L'atelier de création/récupération de bois

La récupération fait partie intégrante de ma démarche, tant dans mon métier que dans ma vie quotidienne, et pas seulement pour le bois. Récolter du bois pour le travailler s'est d'abord fait naturellement avant de s'imposer comme un choix. Je ne souhaitais pas alourdir encore le bilan écologique de l'Homme sur la planète par mon activité. Je me voyais mal priver les nouvelles générations d'une ressource naturelle pour leur offrir des jouets.

Le bois est un matériau biodégradable, mais bien conservé il peut durer pendant des siècles. Ainsi, j'ai pu récupérer au fil du temps des morceaux de bois étonnants avec chacun une histoire particulière :

  • des planches de cabanes,
  • une porte d'armoire en châtaigner, très vielles, noircie par l'âge et sans doute la fumée du poêle de la grand-mère,
  • des pieds de lits dans lesquels toute la lignée avait couché,
  • un vieux plateau en chêne récupéré dans une grange,
  • un ancien comptoir de bar, en bois exotique, qui traînait sur un trottoir,
mais aussi
  • des branches « mortes » de la forêt,
  • des tranches de tronc trouvés au fond de couloir d'avalanche,
  • du bois flotté découvert sur la plage... Combien de kilomètres avait-il déjà parcouru ?

 

 

L'oeil de l'arbre (Photo CC Bulbocode909 sur flickr)

La récupération est une invitation au voyage

Entre la récupération du bois et son utlisation - sa réutilisation devrais-je dire - il peut se passer un temps plus ou moins long. Il se peut que ce soit LE morceau que j'attendais pour une nouvelle création, ou alors que je le stocke dans mon atelier en attendant le bon moment. Que l'idée mûrisse. Cela peut durer des semaines ou des années.

Mais lorsque je suis prêt, quand l'idée me chatouille derrière l'oreille, le morceau de bois m'appelle et la magie opère. Commande sur mesure ou inspiration, peu importe. La rencontre du moment, de l'idée et du morceau de bois a lieu.

À ce jour, au gré de mes découvertes, j'ai été amené à utiliser une vingtaine d'essences différentes, à savoir :

  • le Châtaigner,
  • Le Bouleau,
  • Le Peuplier,
  • l'Acacia,
  • le Chêne,
  • l'Orme,
  • le Frêne,
  • le Lierre,
  • le Laurier
  • le Cèdre,
  • le Cyprès,
  • le Poirier, Pommier, Prunier, Cerisier,
  • le Houx,
  • le Hêtre,
  • le Noyer,
  • l'If,
  • Le Buis,
  • le Pin des Landes, le Pin maritime,le Red Cedar,
  • l'Eucalyptus,
  • l'Iroko, le Teck, l'Ip,l'Eben, le wengé
  • et divers bois flottés non identifiés.

  Je serai heureux d'essayer de redonner vie à ceux que vous aurez envie de me confier.

J'aime beaucoup travailler à partir de bois que l'on m'apporte : cela peut parfois être une façon de conserver une trace d'un objet auquel on est attaché, mais qui est trop encombrant pour qu'on le garde (le lit de l'arrière grand-mère en bois massif, un buffet ancestral dont a du mal à se séparer, un bout de l'arbre de la maison d'enfance que l'on quitte pour une autre, etc.). Ces objets volumineux peuvent alors continuer de nous accompagner sous une forme plus légère : un jouet, une pendentif, une lampe ou autre. Laissez parler votre imagination !

Un art de vivre

La giraffe, puzzle sans cadreJ'ai vécu sur un voilier pendant quelques années : un jour, alors que je naviguais sur la Vilaine en amont de la Roche-Bernard (Morbihan), j'ai vu un ouvrier qui changeait les lames de bois d'un ponton du port de plaisance. Je suis allé le voir, les lames n'avaient pas de valeur pour lui, c'était même une charge car il devait les emmener à la déchetterie. Il a été content de me les donner, surtout en apprenant ce qu'elles allaient devenir. Aujourd'hui certains morceaux ont servi de plateaux pour des puzzles, et j'en ai encore !

Sur un gros chantier de maison terre/paille en ossature bois, un projet écologique particulièrement abouti, tout était construit en bois. J'avais récupéré des chutes du bois utilisé pour la charpente, d'une épaisseur particulière ; je ne voyais pas encore ce que je pourrai en faire. Aujourd'hui, il s'est transformé en moutons, en bus, en puzzle d'éléphant, de girafe...

Parasite, champignon et bon-à-rien ?

Je suis tombé un jour en forêt sur une grosse section de lierre, un morceau de tronc, ce qui est rare - il avait sans doute été abandonné par l'ONF. Je l'ai ramené sans trop savoir ce que j'allais pouvoir en faire. Le lierre est un bois très tendre, facilement attaqué par les champignons, les bactéries, qui dessinent des volutes dans le bois. Je l'ai utilisé pour faire le dos de ma tortue (photo ci-contre). Cela donne l'impression que j'ai dessiné sa carapace alors que même le dessin est naturel !

J'ai récupéré dans un Centre de Formation des Apprentis (CFA), une porte de placard. C'était le travail d'un élève, il y avait son nom inscrit derrière avec l'appréciation d'un de ses camarades de classe : NUL. Je l'ai utilisée pour faire le plateau d'un jeu de société (Isola). J'en ai pris une photo que j'ai envoyée au professeur. J'espère qu'il montrera au jeune que, pour moi, son travail avait de la valeur.

Je suis convaincu que les vilains petits canards auxquels on trouve plein de défauts sont en réalité de magnifiques cygnes qui s'ignorent. Chacun doit simplement trouver sa place.

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